Ascacou s’inspire de l’esthétique du jeu de Go et notamment de son esprit de co-construction.
L’idée de faire ensemble, avec des [pions] noirs et des blancs, m’est venue en observant mes voisin·es dans un restaurant de Dakar, et comment les un·es et les autres occupaient les tables carrées en composant une mosaïque noire et blanche. Au-delà de l’aspect humaniste, mon esprit scientifique s’est emparé de cette thématique me conduisant à analyser et à explorer les différentes combinaisons possibles.
Le côté ludique a fait le reste.
ASCACOU puise son nom dans l’ASsociation de CArrés de COUleurs.
Le message multi-culturel qu’il porte a permis au jeu de servir de support à l’éducation contre le racisme lors de séances scolaires.
Nul n’est parfait, j’ai fait des études scientifiques, à Grenoble, et je crois bien que le premier neurone d’Ascacou s’est agité à ce moment-là. Dans mon souvenir, c’était au cours d’un examen où il était question de combinaisons 2 x 2, un truc de matheux pour se distraire !
Quelques années plus tard, un autre neurone s’est collé au premier, cette fois-ci, c’était dans un restaurant de Dakar, une ville où j’ai habité quelques temps. « Le Dagorne », pour le citer, offre plusieurs avantages : il était à côté de chez moi, on y mange bien, et il est surtout ouvert aux blancs comme aux noirs, aux européens comme aux africains, et donc en majorité, aux français et aux sénégalais.
Ce n’est pas si fréquent de trouver aux tables des assemblages variés de noirs et de blancs et cela mérite d’être signalé ! Et, en plus, cela a mis en route le second neurone humaniste et multi-culturel qui s’ennuyait seul dans son coin, et qui s’est trouvé ravi de composer avec le neurone des combinaisons mathématiques !
Mais, j’avais oublié cela quand j’ai décidé de me mettre en route, et c’est sûrement le 3ème neurone qui est intervenu pour cela, celui du commerce, ou le 4ème, celui de la reconnaissance publique ! Aussi, à la première soirée de présentation du jeu, lorsqu’une journaliste m’a posé la question de l’idée du jeu, de savoir comment elle m’était venue, j’ai répondu hâtivement : « Pour savoir d’où vient une idée, faut demander à un neurologue ! ». Échec cuisant, puisque la journaliste a rangé son stylo et que je n’ai pas eu d’article dans son quotidien !
Après cette première soirée sans débouché dans la presse, j’ai donc opté pour la réponse humaniste aux journalistes, et ainsi, j’ai eu droit ensuite à quelques lignes dans les journaux et des interviews à la radio !
Entre temps, j’avais déposé le jeu à l’I.N.P.I. (Institut National de Protection Industriel) pour me prévenir de toute tentative de plagiat. C’est un 5ème neurone, celui qui s’occupe de la confiance, de la prudence et autres, qui m’avait fortement incité à engager cette démarche !
Seulement, contrairement à ce que je croyais, l’INPI ce n’est pas éternel ! Et à ma grande surprise, j’ai découvert longtemps après que les enveloppes avaient été détruites par l’organisme et heureusement, à temps, j’ai pu à nouveau protéger ASCACOU ! Ouf ! Ascacouf !
Le 6ème neurone d’excès de confiance avait encore frappé ! Et le 7ème de reprise des choses en main a dû intervenir !
À double reprise, puisqu’il est même allé chercher un huissier numérique pour valider le tout !
À cette époque, le jeu existait sous forme de maquette, et l’usage ludique limité à quelques personnes, dont mes filles. La plus jeune était très intéressée par le jeu, et surtout par l’envie de gagner, enfin peut-être aussi, et sûrement, de battre son père ! Mais mon 8ème neurone, celui dédié à l’éducation de ses propres enfants avait pour philosophie de tenir bon, et de jouer sérieusement, ce qui entraînait la frustration, voire l’expression d’une colère chez une enfant toute petite !
Le 8ème neurone demandait au 9ème, celui de la communication adéquate et tempérée, d’expliquer la situation qui se résumait en ces termes : « Quand tu gagneras ma petite, c’est que tu l’auras mérité, parce que tu auras mieux joué que moi ! ». Évidemment, ce jour-là a fini par arriver, assez vite, et ce fût l’occasion d’une grande fête, enfin pour elle, et du début de la fin, enfin pour moi ! Je veux dire que j’ai bien naturellement perdu d’autres parties depuis !
Dans une énergie ludique follement incontrôlée, je me lance, avec deux potes, Yves et Eric, dans la mise en route d’un festival des jeux en Drôme-Ardèche : Les Turlupinades !
C’était en 2000 et il existe toujours ! Avec une 1ère édition mémorable dans la tour de Crest, investie par des centaines de personnes, joueuses de toutes sortes ! Et là se pointe le 10ème neurone, celui de la motivation globale qui grandit en force avec les contacts multiples des milieux du jeu qui m’incitent à chercher une maison d’édition pour Ascacou.
Le voilà qui arrive, le 11ème neurone, celui de l’audace irréfléchie et je prends le train pour le festival du jeu de Villepinte, au nord de Paris, la fleur aux lèvres ! Je croyais aller à un festival du jeu, banal, avec des exposants et du public, et je me retrouve dans un salon réservé aux professionnels ! Je le comprends très vite à l’entrée où une hôtesse d’accueil me demande le nom de mon entreprise !!!
Le 12ème neurone, celui de la prise au dépourvu qui s’en sort par miracle, fait alors un bond et je me vois prononcer devant la dame le nom du village où j’habitais : Malissard. Une demie-minute plus tard, je me retrouve avec un badge du même nom, épinglé sur le torse. Tout fier, j’arpente les allées… Le stand Gigamic m’attire l’œil et je m’y risque. Bon, il paraît que mon jeu ne convient pas, que seule la 3D intéresse cet éditeur à cette époque, et je file mon chemin pour m’arrêter cette fois dans un stand inconnu, les éditions Jean-Pierre Filsfils.
Un belge. Il discute avec un homme en imperméable, prêt à partir pendant que je déballe ma maquette. Le type jette un regard, s’y intéresse, me pose quelques questions, et entame une partie… puis deux, puis il quitte son imper, puis on continue à jouer jusqu’à qu’il dise qu’il a raté son train, mais que ce n’est pas grave. Pour finir, il s’en va en me remerciant, et je me retrouve à tenter de proposer mon jeu à l’éditeur qui a observé la scène. Il m’arrête rapidement pour me dire, avec un délicieux accent belge : « C’est bon, j’ai vu, avec le monsieur qui est journaliste, le jeu lui plaît, on signe un contrat, c’est bon ? ». Abasourdi, je le fais répéter, et il confirme. 8% de droits d’auteur, me dit-il « C’est la règle ». En moins d’une heure, je ressors satisfait avec un contrat en poche et un éditeur sympa, qui travaille sur l’Europe et le Québec. Youpi !
De retour en Drôme, ce sont railleries et incrédulités répandues dans le milieu du jeu où l’on me dit que c’est en général tellement long qu’il n’est pas possible que cela se soit passé comme ça, jusqu’à ce que je sorte mon contrat pour leur confirmer la situation ! Soit ! Le 13ème neurone de la preuve formelle avait fait le job ! L’histoire commence donc et les rencontres se multiplient avec Jean-Pierre qui vient souvent proposer ses autres jeux dans la région.
Avec de nombreux jeux édités par Filsfils, je me mets à proposer des soirées de découvertes à Valence, et j’y ajoute ceux d’un autre créateur, François Koch, qui a été très présent à cette époque et que je salue aujourd’hui en le félicitant pour son parcours ludique magnifiquement réussi ! Dans ces soirées, il y avait aussi beaucoup de jeux anciens, d’Afrique, de Mésopotamie, que j’ai fabriqués avec des matériaux divers et variés.
Au cours de ces soirées « jeux », les tables étaient installées et j’invitais les gens à s’assoir, malgré leurs hésitations voire leurs appréhensions ! C’est le 14ème neurone toujours très convaincant et rassurant qui s’occupait de l’installation des publics. Ascacou était présent, évidemment, ainsi que plusieurs jeux, et d’autres prêts à sortir des sacs. Le but était de faire découvrir autant de variétés, de diversités et de montrer que tous les jeux ne sont pas réservés aux esprits « matheux », et le résultat dépassait mon imagination ! Il fallait pousser le public dehors à 2h du matin, car tout le monde avait envie de poursuivre, rassuré par ses capacités à jouer à ceci ou cela ! Vive le jeu, comme outil de communication et de confiance en soi ! Le neurone de la satisfaction, le 15ème de la liste, était même très heureux.
Bon, mais voilà… les éditions Filsfils ont eu quelques soucis de fonctionnement, et j’ai reçu un courrier m’indiquant qu’il allait falloir surseoir… Ce qu’il faut comprendre évidemment, par… Il faut abandonner l’idée ! Dommage, et Ascacou se rendort ainsi pour quelques temps… Le temps long de la digestion de la déception, et celui du nettoyage du 16ème neurone, celui de la récupération.
Bon.. Aujourd’hui, pour avancer d’un pas dans l’histoire, il est impossible de retrouver cet éditeur… Dommage.
Le 17ème neurone, toujours à proximité du 16ème, en profite pour exprimer une certaine tristesse…
Et le temps est long parfois… Cela a duré une vingtaine d’années, une chamaillerie permanente et couvée entre les 18ème et 19ème neurones. Celui de l’ensommeillement qui ne souhaitait que rester assoupi et tranquille après cet échec d’édition, et l’autre qui ne lâche jamais rien et essaye à tout moment de le réveiller. Pendant ces vingt années, il y a eu quelques sorties d’Ascacou, dont une mémorable dans le désert algérien ou tunisien, c’est pas aisé à dire avec certitude tant la frontière est difficile à cerner. Pour cela, il a fallu faire une maquette de voyage, en carton, qui sert toujours aujourd’hui à certaines occasions. Quelques pions empruntés au jeu de Go faisaient l’affaire ! L’orientation des cartes-motif était possible grâce à l’écriture du nom du jeu.
Au cours de cette période de chamaillerie entre l’abandon du projet et les bulles de manifestation, il y a eu des fêtes de Noël en famille et des cadeaux à faire. L’idée saugrenue, sortie probablement du 20ème neurone, celui dédié aux initiatives improbables sur le moment mais annonciatrices de belles choses à long terme, a consisté à offrir à mon neveu une maquette d’un autre style, grise en carton épais, avec des pions dans une belle boîte en cuir venue des tropiques. Ulysse part donc en voyage, comme le prénom l’indique, et lorsqu’il revient, c’est avec l’idée de faire un site web ! Et il met cela en route ! Il est informaticien, nul n’est parfait disais-je.
Mon frère MicheL aussi. Enfin, je veux dire, mon frère aussi est informaticien et il a pris le relai car la jeunesse a d’autres choses à faire parfois ! Bref, voilà Ascacou avec une version en ligne qui permet de jouer à deux devant un écran, mais aussi et surtout avec une personne à l’autre bout du monde, à laquelle il suffit d’envoyer le lien de la partie où vous l’invitez! Un régal de voir cela, et la motivation reprend des forces… Le 21ème neurone, celui de l’espoir qui rebondit, pointe donc son nez !
Parfois le bout du monde est conjugal mais cela sort du propos !
Ulysse, toujours en activité créative, imagine alors développer une IA capable de jouer à Ascacou. Sans rien me dire au préalable, je découvre cela lors d’un autre Noël où il m’offre une enveloppe dans laquelle il est écrit un message incompréhensible d’informaticien, excusez-moi du pléonasme. En clair, c’était un cadeau, une invitation à jouer le soir-même contre moi-même !!!! Le 22ème neurone, le schizophrène (Il y a quand même 2 & 2 identiques, ou presque, dans son numéro…) s’inquiète alors grandement du résultat de la partie… Miracle ou intention maligne de mon neveu, j’ai fait match nul avec moi-même et moi-même a trouvé cela très rassurant !!!!
J’ai écrit un peu plus haut : « Le temps long de la digestion de la déception, et celui de la récupération… Et le temps est bien long parfois… Cela a duré une vingtaine d’années ». Eh ben voilà, le temps a pris son temps et moi le mien, mais bref… Tout à coup, le 23ème neurone, celui qui surgit d’où on ne sait où et quand on ne sait quand… Le 23ème se pointe donc soudainement et remet tout en route ! D’abord, il suggère au 24ème, le neurone bricoleur de faire des maquettes différentes ! En carton, c’est fait, puis en bois c’est évident, et également en terre cuite !
Une maquette en terre cuite, pourquoi pas ? Et pas seulement réservée aux enfants !
Pour cela, il faut trouver un atelier de poterie et surtout des terres de différentes couleurs pour distinguer les pions clairs et foncés, et assurer le contraste avec le plateau ! Sans oublier les pions neutres… Mais là, il faut contacter le 25ème neurone un peu adaptable aux situations complexes !
Les pions deviennent des billes de terre qu’il a fallu rouler une à une… Les emplacements sur le plateau sont des creux faits au pouce, et sur les cartes, il a fallu préparer quatre trous à remplir ensuite avec des terres d’autres couleurs ! Un casse-tête et un amusement. L’orientation se reconnaît grâce à un petit trou percé dans un angle de chaque carte !
Dans la Drôme, il y a naturellement un neurone numéroté 26, celui de l’innovation qui me pousse à contacter la directrice et amie du FABLAB voisin. Une après-midi de plans dessinés sur un écran de computer, de choix de matériaux divers et variés, et un outil laser pour découper tout ça ! Faire des trous dans un panneau, faire des jetons avec un autre matériau et glisser ces derniers dans les emplacements. Le tour est joué, la maquette est prête à… démarcher !
Ah oui, vous avez remarqué ? Les pions neutres sont oranges… Ben.. il n’ y avait pas de vert ! C’est aussi simple que cela !
Avec la maquette sous les yeux, je commence à chercher des contacts d’éditeurs et j’envoie des courriels dans la matinée. Une présentation sommaire du jeu, et la volonté affichée de chercher une maison d’édition intéressée. Quand la journée se poursuit à son rythme de début d’été et que le téléphone sonne à l’heure de la sieste, le 27ème neurone attribué au repos méditerranéen de l’après-midi ne peut que s’offusquer. Heureusement, le neurone distrait, le 28ème, n’avait pas coupé la sonnerie et surtout le 29ème, celui qui surmonte les désagréments passagers et qui fréquente assidument le 30ème, le spécialiste de la bonne étoile, avait rapidement choisi de répondre à ce numéro inconnu, malgré tout. Une voix très agréable m’informe alors que le courriel l’a intéressée, et qu’elle serait curieuse de recevoir une maquette pour tester le jeu ! Je retiens mes baillements et j’écoute attentivement cette voix, qui est celle du responsable de Gigamic. Tout semble réel mais inespéré. Iréel et tant espéré. Le RG (Responsable de Gigamic donc) fait quelques compliments sur sa première impression et m’explique que la route est longue…. La société reçoit de nombreuses propositions à étudier et n’en édite qu’une ou deux par année ! Mais j’y crois. D’autant qu’un second appel, à la réception de la maquette, fait encore quelques éloges, notamment sur cet arrondi très esthétique. Mon moral est en forte hausse, comme on dit à la bourse. Ascacou passe le premier test puis se présente avec succès aux tests suivants, de l’équipe de Gigamic d’abord, puis du public de tous horizons appelé à venir tester les propositions ensuite. Régulièrement, la voix du RG m’informe des bonnes nouvelles !
L’enthousiasme est tel qu’Ascacou se promène ! Occupé ce mois de juillet-là à faire le photographe, entre autres, auprès d’une association de plusieurs compagnies de cirque à Avignon, qui propose plusieurs spectacles par jour, j’en oublie pas le jeu pour autant, et je débite mon histoire en cours.
Dans une caravane de bénévoles, j’en fabrique même une maquette en carton d’emballage, y associe quelques pions d’un jeu de dames qui traîne, et voilà que les parties endiablées s’enchaînent, dans une joie circassienne toute communicative !
Après l’herbe jaune et le soleil ardent du sud-est, il est temps pour le 31ème neurone, celui de la fraîcheur, de convaincre tous les autres d’aller se reposer un peu dans le département du même numéro que lui ! Et voilà que dans l’herbe verte, enfin plus exactement au-dessus d’une herbe trop humide, Ascacou séduit quelques touristes (et pas seulement) dans l’air vivifiant d’une soirée de fin d’août. Les tests se révèlent positifs, autant chez Gigamic que dans mon entourage, et l’espoir ne faiblit pas.
La confiance demeure, sûrement aussi grâce aux compliments reçus, et je reprends contact avec le FABLAB pour une tentative de fabrication personnelle, abandonnant ainsi l’idée de chercher un éditeur. Pour l’instant !
L’équipe du labo se penche alors sur la faisabilité, avec des matériaux recyclés, et l’étude aboutit mais le prix de revient est trop élevé… Rédhibitoire pour un jeu, assurément !
L’écologie « spirit » doit laisser la place au pragmatisme et à la réalité économique. Dommage.
Ascacou ne sera pas pour autant fabriqué avec des plastiques de l’industrie pétrolière, c’est certain, mais il faudra trouver une solution éco-éco acceptable, économique et écologique.
Retour à la case départ, cela y ressemble mais le 33ème neurone, joueur de Monopoly à ses heures, sait que la case départ n’est pas une fin mais un lieu de passage régulier dans les boucles d’avancement, et qu’au passage, les choses mûrissent. Alors, la recherche continue, et l’occasion se présente périodiquement de croiser une personne intéressée par le jeu.
Les démarches reprennent, mais les demandes envoyées ci et là restent sans retour, ou avec des réponses négatives polies, ou avec des conseils de re-aiguillage qui n’aboutissent pas non plus, même à Berlin.
Alors, en allant au Québec, je me dis que dans ce pays à la météo peu clémente, les gens passent du temps à jouer à l’intérieur et que cela va déboucher ! Je contacte quelques éditeurs qui me conseillent de me tourner plutôt vers l’Europe car, étrangement, ils ne sont pas très développés sur place ! Je tente aussi les « bar à jeux » mais c’est plutôt des bars à dollars où il faut consommer, puis éventuellement jouer avec les boites classiques proposées sur les étagères. Mais mon 34ème neurone n’est pas très buveur, alors je n’insiste pas. De refus en incompréhension, je reprends plutôt les démonstrations amicales et … le fils informaticien d’un ami baroudeur déclare que c’est un jeu à développer sur le web et pour jouer solo sur son écran dans les transports en commun par exemple. Succès garanti assure-t-il. Quelques dollars pour s’inscrire et hop, l’idée est donc reprise pour les écran-philes de tous les continents !
Et puis le hasard, ce fameux hasard provoqué bien sûr en montrant ce jeu de temps à autre :
« Et pourquoi pas aller présenter le jeu à un festival ? »
Oui, en effet pourquoi pas !
Et quelques temps plus tard, contact après contact de personnes joueuses et passionnées, me voici inscrit au festival du jeu de Romans. Absent le premier jour, je n’arrive que le dimanche, où je retrouve plusieurs maquettes installées sur la table qui m’a été réservée.
La journée démarre, Les chaises se remplissent, ça joue et les commentaires sont agréables à entendre.
Autour, il y a des stands partout avec des jeux déjà édités, de belles boîtes et je me demande un peu ce que je fais là. Le 35ème est toujours un peu interrogatif.
Mais… Le hasard toujours pointe déjà son regard curieux…
Les personnes défilent, de tous âges, les bagarres sont vives, même entre père et fils comme la photo le montre et dans l’après-midi… arrivent un homme et une femme, curieux. Je les installe et les parties défilent. Ils s’amusent, mais impossible de les départager, les scores s’équilibrent. J’invente des challenges, et rien à faire ! Au bout de deux heures environ, ils signifient qu’ils doivent partir et qu’ils ont déjà passé tout leur temps sur le même stand alors qu’ils avaient projeté de faire un tour global. Je prends cela pour un compliment !
À mon tour, je prends quelques minutes pour me balader et je vois avec surprise l’homme joueur debout dans son propre stand ! La conversation redémarre et il m’explique qu’il fabrique des jeux avec son entreprise située à Romans ! Bien sûr, le 36ème neurone entrepreneur fait un bond parmi les siens, mais il n’a pas le temps de retomber que le fabricant annonce : « Si tu veux, je peux te fabriquer le tien ». Hum… Cette fois, il semble que je suis prêt à me lancer. Je prends précautionneusement la carte de visite, et je cogite… Le lien démarre, les devis de fabrication aussi, la visite de l’usine, le projet… C’est parti !!!!!! L’entreprise s’appelle : Cartonnage de Vaucanson. Merci !!
Là, ça devient très sérieux et le 37ème neurone ne peut pas s’en occuper tout seul ! La température monte. Il faut réunir les compétences, les cerveaux et les cervelles et travailler ensemble. Disons, à la louche, une douzaine de neurones supplémentaires, mais je ne peux pas les compter dans l’histoire, ce ne sont pas les miens !
Concepteur, graphiste, fabricant, testeurs affutés, testeuses redoutées, public néophyte, tout le monde est convié à discuter, mesurer, essayer, renoncer, reprendre, corriger, tester, et recommencer maintes fois.
Et quoi que l’on fasse, autant que l’on relise, il y aura toujours des coquilles. Je compte sur vous pour les signaler.
Merci à la patience générale !
Même si le paragraphe est court, la période de travail a été longue, et joyeuse ! Et c’est là que les neurones se sont mis sérieusement à danser !!!
De mesures en mesures, de tests en tests sur écran, c’est bien, mais rien ne vaut la vision réelle en 3D, et le toucher, alors, direction l’usine de fabrication pour avoir dans les mains la première boite, blanche certes, vierge de toute inscription, mais la bonne dimension, et voir enfin ce que cela va donner en VRAI ! Le 38ème neurone tactile se réjouit et appelle ses copains qui manient le pinceau . Une nappe de gouache plus tard, et quelques gommettes, sans oublier le dessin photocopié à coller sur le couvercle, et la première maquette qui va ressembler le plus au résultat final voit la le jour. Et elle va servir à faire les photos et les vidéos. En attendant la fabrication du jeu. « Patience » suggère le 39ème et accepte cette version provisoire !
Pour les personnes qui veulent rajouter des pions en pâte de verre, il fallait trouver un emballage un peu stylé ! Plusieurs idées insatisfaisantes se présentent, mais le neurone de l’esthétique, le 40ème, veille toujours et même s’il a été présent et discret depuis le début, là, il se manifeste ouvertement, et pour une fois sans rugir (le 40ème…), et impose le petit sac en toile de jute.
Entre-temps, je multipliais les démarches de toutes sortes et la plus saugrenue fût sans doute de contacter deux footballeurs de renom ! L’un s’appelle Lilian Thuram et il dirige une fondation pour lutter contre le racisme. L’autre est très connu également, et il a pris la parole un jour pour dénoncer un acte suspect sur un terrain !
Avec l’origine de l’idée d’Ascacou, je me suis dit qu’il était possible d’associer le jeu à une idée humaniste et j’ai donc proposé aux deux footballeurs une forme de partenariat, en précisant que je n’avais pas d’ambition commerciale démesurée et qu’il s’agissait simplement de mettre un nom sur une cause.
Disons que cela n’a pas fonctionné et c’est le conseil juridique du second qui m’a ramené à la réalité… Et le 41ème neurone est retourné dans un monde plus tranquille !
Par contre, la fondation de Lilian Thuram m’a gentiment répondu, sans avoir compris ma demande saugrenue apparemment (et comment le lui reprocher!?) , et je l’en remercie ! Je leur enverrai une boîte à l’occasion !
L’éducation contre le racisme n’a pas de mauvais chemin.
Chez des amis, je déballe mon jeu et je découvre des variantes insoupçonnées ! Et dont la morale m’interdit (presque) ici d’en faire état dans le détail !Toutes ces variantes émanent de l’esprit créatif et tricheur de la partenaire de ce pauvre ami en pleine réflexion et désarroi. Et comme le 42ème se joue de la morale, alors voici quelques bribes : Échanger des pions déjà posés, retirer une carte de l’adversaire, jouer deux coups de suite, tout y passe et j’en oublie. Et en plus, la joueuse ne voyait pas du tout le problème car sa règle à elle était la plus simple de tous les jeux du monde : gagner, quelle que soit la méthode ! Pensées rieuses vers cette joueuse à l’imagination débridée !
Et qui de mieux que des suisses !? On connaît la rigueur de nos voisins amis, et il était temps de l’utiliser à bon escient ! Un beau matin, autour d’un convivial café (le 43ème neurone boit du café, mais suisse uniquement) , on teste donc la version à quatre sur la terrasse voisine helvète et tellement sympathique ! Parmi les variantes, on découvre alors que l’on peut jouer pour soi, certes, mais aussi par équipes de deux personnes; Et là, il y a encore deux options : les deux membres de la même équipe sont face à face, ou bien… surprise, l’un à côté de l’autre ! Dans le 1er cas, classique, chaque équipe joue à tour de rôle. Dans la seconde proposition, chaque équipe joue deux coups de suite, et attend les deux coups des adversaires… Cela donne tout à fait autre chose ! Sans compter encore deux façons de se comporter : jouer en silence ou bien communiquer oralement entre partenaires pour discuter de la stratégie… Oui, sûrement, vous allez encore trouver une autre possibilité de jouer !
Il paraît que les gens ne lisent plus, même pas les règles des jeux ! Et qu’il faut faire des « tuto » ! Qu’à cela ne tienne, le neurone qui écoute et fait comme il faut faire dans l’air du temps s’installe sur une vieille table en formica, et une amie complice pose sa caméra-tablette sur un parallélépipède de bois et le tournage commence ! Faut bien s’entraîner, mais ensuite, la vidéo a été faite dans un autre lieu, et vous avez le résultat dans le site sous vos yeux !
Ascacou a donc sa chaine youtube : @Ascacou, tout simplement. Et le jeu est également présent sur « tous » les réseaux sociaux, enfin, il s’y emploie !
Le 44ème est décidément un kakou !
Pourquoi donc le youtubisme et autres ? Mais tout simplement parce que le hasard (Celui-là a bon dos!) m’a placé entre les mirettes un drôle de personnage qui n’est autre que le concepteur de ce site web ! Et de tant d’autres !
Il dort pensez-vous ? Certes non ! Il est connecté là ! Et toujours. Le nombre transcendant sur le tee-shirt, les décimales égrainées comme ses idées baroques foisonnantes, il est en train de préparer un projet, que dis-je, un amusement à venir.
Comment le définir ? Ce n’est pas simple, et peut-être le plus proche de la réalité : Ce gars est un Shadok ! Un vrai !
Allez jeter un œil sur sa planète d’origine, et vous comprendrez !
Non, il ne fait pas trop chaud pour jouer, même dans la chaleur estivale désormais quasi tropicale ! Le 45ème neurone sort donc de sa léthargie et s’installe à l’ombre du volubilis.
Non, il ne faut pas être passionné de mathématiques pour Ascacou !
Oui, le jeu offre des approches visuelles, constructives, participatives, et autres, au-delà de l’aspect combinatoire et stratégique.
13 août, et je vous épargne l’heure, 2025. Quelques aller-retours de courriels et formalités avec le greffe du tribunal, des formulaires de l’INPI et autres échanges avec des organismes divers et variés qui font la richesse de notre administration et voilà … L’entreprise Marc Buonomo etc… existe et Ascacou peut être commercialisé !
Champagne !
D’autant que le 46ème est vraiment un cancre dans les mesures administratives, ouf ! Il a réussi tout de même !
Mais ça, apparemment, vous le savez déjà !!!!!
Au moment où ce site se crée, la boîte du jeu n’existe pas encore et elle apparaît pourtant déjà sur un écran, et un choc !
Waouh !!!!!
On aurait pu croire qu’il s’agissait de la fin de l’histoire, mais évidemment, chaque fin est un début et voilà Ascacou qui va vivre sa vraie vie, sa propre vie ! Merci à vous et à ….. :
Le 27 octobre 2025, le tapis roule et les premières boites arrivent…. C’est le vrai moment de démarrage, l’émerveillement, le chargement, les déménagements, les expéditions des commandes, etc…. Youpi!!!!